jeudi 29 mars 2007

Le manège présidentiel


Plus que 23 jours avant le 1er tour de l'élection présidentielle et comme le disait un journaliste de Canal +, la dernière ligne droite ressemble fort à un manège de chevaux de course, le cheval Sarkozy en tête prenant une courte avance au cheval Royal suivis par le cheval Bayrou...


Depuis une semaine je n'avais pas actualisé mon blog et pourtant il en est tombé des déclarations :


  • Avant de "changer de trottoir" (l'Elysée est en face de la place Beauveau), le petit Sarkozy fait le rapprochement entre immigration et identité nationale afin d'en faire un ministère s'il est élu. Scandale de tous les politiques, Ségolène Royal trouvant ce rapprochement "ignoble" en passant par Bayrou qui réaffirme que "l'identité nationale de la France c'est la République" et Buffet qui juge que "les masques tombent: Nicolas Sarkozy est dangereux pour la démocratie et pour les valeurs de la République"...



  • Ségolène Royal souhaite elle, plutôt qu'un ministère de l'identité nationale, que les Français mettent les drapeaux aux fenêtres lors du 14 juillet...et qu'ils connaissent les paroles de "La Marseillaise" Là encore déferlante de réactions entre un Sarkozy qui ironise sur le fait qu'une semaine avant, Mme Royal le traité d"ignoble" parce qu'il parlait d'identité nationale...Envolée l'immigration ! Un Besançenot qui découvre que les Français auraient plus besoin de logements, d'emplois que de drapeaux et un José Bové qui oublie les drapeaux et qui assure que si il est élu, il changera les paroles de la Marseillaise, "trop guerrière" à son goût...



  • Quelques jours et des émeutes en Gare du Nord plus tard, sujet reprit également par beaucoup de candidats de "l'opposition" comme la gauche qui dénonce la politique de sécurité de Sarkozy alors que c'était son cheval de bataille (tiens, encore!), de Villiers qui pointe le bout de son nez pour s'aligner sur les propos de la gauche et Bayrou, candidat dit du centre, qui lui, se place entre la gauche et la droite et accuse la politique de sécurité de...la droite et la gauche ! Bref, Mr Bayrou qui se défendait jusqu'à maintenant de ne pas rentrer dans le petit jeu "et vas-y que je te renvoie la faute" aurait semble t-il oublié les règles !

Bref, l'élection est dans 23 jours, les chevaux continueront de courir encore pour quelques tours, avant les deux derniers qui ne laisseront ressortir qu'un seul vainqueur et dans les tribunes, un certain J-M Le Pen, fidèle parieur depuis presque 40 ans, se frottera encore les mains en attendant de voir quel cheval lui fera peut-être gagner le jackpot.

lundi 19 mars 2007

Douze prétendants à l'Elysée.

Photo : Jean-Louis Debré, le président du Conseil constitutionnel, annonce la liste officielle des candidats à la présidentielle, le 19 mars 2007. (voir la vidéo sur lci.fr)

C'est aujourd'hui, lundi 19 mars, que le Conseil constitutionnel devait annoncer la liste officielle des candidats à l'élection présidentielle.

La liste officielle a donc été dévoilée lundi soir, par Jean-Louis Debré, nouvellement Président du Conseil constitutionnel. Il a ainsi cité dans l'ordre résultant d'un tirage au sort effectué par le Conseil constitutionnel, qui détermine notamment le numéro des panneaux d'affichage officiels, les noms des 12 candidats (voir billet "Onze ou douze ?").

Quelques chiffres sur l'élection :

  • 16 900 formulaires ont été reçus cette année (contre 17 815 en 2002 ).

  • 16 615 formulaires ont été validés par le Conseil constitutionnel.
  • Il y a 12 candidats cette année, contre 16 en 2002.
  • 4 femmes sont candidates à cette élection, proportion encore jamais atteinte.
  • La moyenne d'âge des candidats est de 54 ans, moyenne qui est tirée vers la haut du fait de l'âge du doyen de cette élection, Jean-Marie Le Pen, 78 ans.
  • Désormais, un temps égal de parole sera de rigueur pour tous les candidats sur les médias audiovisuels.

Temps de parole cumulé des candidats depuis le mois de décembre jusqu'au 9 mars.

Cliquez sur l'image pour agrandir


D'après lemonde.fr


Le cas de José Bové.

Jusqu'à lundi soir, le sort de José Bové sur sa participation ou non à l'élection présidentielle était encore incertain. Le candidat altermondialiste avait déclaré vendredi dernier devant le Conseil constitutionnel que "d'après ses calculs" il pourrait participer à l'élection. José Bové aurait effectivement déposé à peine plus de 500 signatures, pouvant se retrouver ainsi hors-course si certains de ses parrainages n'avaient pas été validés.


dimanche 18 mars 2007

Une VIème République Royal ?


Photo : Ségolène Royal lors de la clôture de son meeting à Paris, dimanche 18 mars 2007.


La candidate socialiste a réuni ce dimanche les élus de son parti, à Paris Expo, Porte de Versailles.

Ségolène Royal a décliné les grandes orientations de son pacte présidentiel en faisant une nouvelle annonce : la création d'une VIème République. François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Jean-Marc Ayrault étaient présents.

Devant une foule de plus de 4000 élus, elle a retracé son parcours en tant que conseillère municipale, générale, puis Députée et enfin Président de région. Après avoir les avoir remercié de leurs soutiens (elle aurait reçu ainsi plus de 4000 signatures), Ségolène Royal a décliné les différentes lignes de son Pacte présidentiel, dont la volonté de créer une VIème République :


"Je vous promets une république nouvelle, dont vous êtes les acteurs à l'avant-garde, grâce à un référendum refondateur de la République, ancrée sur ses traditions et en même temps tournée vers le futur", a-t-elle lancé aux élus. "Ce sera notre VIème République, c'est celle-la que nous construirons ensemble. Cette VIème République est prête, elle s'appuie sur le travail" s'est exprimée la candidate socialiste.


La volonté d'un renouveau institutionnel n'est pas nouvelle, mais pour la première fois Ségolène Royal a employé explicitement le terme de "VIème République". Cette nouvelle République reposera sur quatre piliers de son Pacte Présidentiel : Tout d'abord la mise en place d' "une démocratie parlementaire revivifiée qui va mettre fin au cumul des mandats" ensuite la mise en place d'"une démocratie sociale qui va faire faire à la France un bond vers le futur en modernisant le dialogue social", la garantie des "solidarités de base" avec "le maintien des services publics sur tout le territoire", et enfin "la democratie territoriale".


Que de mieux comme changement dans une République, que d'en changer ?


Une sixième République serait en effet une possibilité de remettre à plat les institutions françaises, sans pour autant perdre l'origine et la tradition de la République française, tout en profitant au peuple français à travers leurs élus, que Ségolène Royal compte mettre en "avant-garde". La candidate PS compte donc faire de cette République, une République vivante, profondément démocratique, laissant toute sa place aux citoyens.


Nicolas Sarkozy avait pour sa part exprimé sa volonté de "réformer profondément la République" sans pour autant tirer un trait dessus, considérant qu'il vallait mieux améliorer la Vème République plutôt qu'entrer dans une VIème sans réellement en connaître les contours.


La volonté d'une nouvelle République de la part de Ségolène Royal a peut-être était encore plus marquée lorsque "la Marseillaise" a retentit lors de la clôture de son meeting. Une première !

samedi 17 mars 2007

Onze ou douze ?

Il était 18h, hier soir, lorsqu'au Conseil constitutionnel, le délai laissé aux candidats pour recueillir 500 signatures a expiré.



Photo : Journalistes devant le Conseil Constitutionnel, vendredi soir.




Onze candidats ont donc prétendu avoir recueilli le seuil légal de signatures :
- François Bayrou (UDF)
- Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire)
- Marie-George Buffet (PCF)
- Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière)
- Jean-Marie Le Pen (Front national)
- Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature, traditions)
- Ségolène Royal (PS)
- Nicolas Sarkozy (UMP)
- Gérard Schivardi (soutenu par le Parti des Travailleurs)
- Philippe de Villiers (Mouvement pour la France)
- Dominique Voynet (Verts)

Un seul cas restait encore flou, celui de José Bové qui selon lui avait recueilli in-extremis les 500 signatures dont une partie venant d'Outre-Mer et n'étant donc pas encore arrivé en métropole.

Plusieurs "petits" candidats restent donc sur le bord de la route, comme Nicolas Dupont-Aignan qui n'a pu rassembler suffisament de parrainages pour son club "Debout la République" et qui constate "avec tristesse" sur son blog que " le régime des partis à remis la main sur la démocratie française, confisquant l’élection présidentielle au suffrage universel que lui avait précisément imposée le général de Gaulle pour le tenir à distance."

Effectivement, le débat sur le système des parrainages avait été relancé au début du mois de février, car profitant selon certains uniquement aux grands candidats. Pour autant les principaux prétendants à l'Elysée sont favorables à une réforme afin d'améliorer ce système.

Système qui je le rappelle avait été instauré en 1976 afin d'éviter un trop grand nombre de candidats au premier tour d'une élection.

Seulement voilà, la proposition de réformer ce système tombe à pic ! Pourquoi ? Car pour le réformer il faut modifier la loi organique de 1962 sur laquelle il repose. Ce type de loi nécessite un examen long par les deux chambres parlementaires. Et là, on retombe sur le même problème : du fait du système électoral, PS et UMP sont largement majoritaires à l'Assemblée nationale et au Sénat...Bref une réforme n'y changerait pas grand chose.

On aura donc encore droit à la victimisation du Front National qui à chaque élection pleure devant le peu d'égard qu'ont les élus de notre pays face à leur parti et qui, comme à chaque fois, arrivera le jour J, les mains dans les poches, avec les 500 signatures recquises ! Ou alors auront-ils droit à un petit coup de pouce d'un grand candidat ? Comme cette année, avec Nicolas Sarkozy qui encourageait la présence d'Oliver Besancenot et de Jean-Marie Le Pen au 1er tour! Une simple affaire de justice démocratique vous dira t-on, certes, mais à qui cela profite t-il ?

Seront-ils onze ou douze ? Réponse lundi !

Premier message

  • 17.03.07 :

L'élection présidentielle approche, plus que 35 jours avant le 1er tour.
Ce blog s'ouvre donc quasiment un mois avant la grande messe électorale : il a été annoncé que cette année, le nombre de jeunes s'étant inscrit sur les listes électorales était monté en flèche : Désir de changement ou désir d'avenir ? N'est-ce pas au fond la même chose ?


Depuis hier nous savons que le nombre de prétendant à l'élection présidentielle serait sûrement de 11. C'est 5 de moins qu'en 2002.
Cinq, comme la durée d'un mandat présidentiel.


Arriverons nous à éviter un nouveau 21 avril 2002 ?
21 avril 2002 - 22 avril 2007 : une coïncidence ?